Blacksad #2 – Arctic-Nation

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Karup, le chef de la police, un ours blanc.

Huk, l’âme damnée de Karup, un renard blanc.

Avec les autres animaux à pelage immaculé, ils forment la société WASP (W pour White, AS pour Anglo-Saxon, P pour Protestant). Tous les autres habitants, de la pie noire au renard brun-roux en passant par le chat tacheté et la biche châtain, ne sont que racaille. Et si la police n’est pas capable de maintenir l’ordre des blancs, les gros bras d’Arctic-Nation, le parti raciste, cagoulés et vêtus de robes blanches, s’en chargent sans états d’âme. Ils ont les cordes et les croix enflammées qu’il faut.

Dans cette ambiance pas câline, câline, Blacksad, le chat détective privé, enquête sur la disparition d’une enfant de couleur. La mère de Kyle, Dinah, travaillait comme femme de ménage chez le même Karup et, selon quelques bonnes âmes, serait au mieux avec le fils Oldsmill.

Un vrai noeud de vipères dans lequel Blacksad plonge les pattes et joue au justicier prompt à griffer si nécessaire… Son seul appui, le reporter d’un magazine à scandale Weekly. Un fouille-merde qui sera utile à John. Vaut mieux. Coups bas et coups tordus vont pleuvoir comme à Gravelotte.

Après Quelque part entre les ombres, son coup d’essai – et de maître –, le dessinateur Guarnido va encore plus loin dans le réalisme animalier. Les gueules, les pelages, les ramages de ses personnages leur donnent une réalité extraordinaire, et – c’est à tomber par terre –, toujours humaine. Lorsqu’ils sortent leurs crocs ou leurs griffes, ses fauves relèguent les coups de gueule d’un James Cagney au rang de caprices de garçonnet. Le plus doux des chatons est un fauve en devenir. Alors, Blacksad en colère !

Le scénario de Canales est envoûtant comme un roman de Dashiell Hammett, glauque comme un Raymond Chandler, gouailleur comme un Chester Himes.

Arctic-Nation est un vrai roman noir. Très, très noir.

« De toute évidence, ma tête ne plaisait guère aux gens du quartier… J’avais cependant l’intention de continuer à la montrer. Du moins jusqu’à ce que je retrouve l’enfant… »

Critique

Blacksad est désormais confronté à une ville divisée en deux par un racisme violent orchestré par deux « gangs », les victimes ? Les habitants qui se sont installés en quête d’une nouvelle vie. Désormais leur quotidien est rythmé par des crimes racistes et une disparition d’enfant. C’est cette dernière affaire qui amène John Blacksad à rencontrer une maitresse d’école qui est la seule à signaler la disparition.

Le deuxième volume de cette magnifique série confirme l’excellent numéro un. L’ambiance est sombre, le sujet actuel, le scénario bien construit le tout est servi par des personnages charismatiques et profonds.

Le dessin est toujours aussi splendide, très travaillé avec ce dynamisme que l’on connait maintenant fort bien chez Guarnido. Les paysages enneigés quant à eux apportent un changement total par rapport au premier opus nous confirmant que l’artiste a plusieurs cordes à son arc et qu’ils les maîtrises toutes.

Attention, Blacksad ce n’est pas de la jeunesse, les ambiances et la violence n’est pas à mettre entre toutes les mains.

  • Critiqué par
  • novembre 2013

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Blacksad #2 – Arctic-Nation